Lorraine Presse


16/07/2011


Il ne subsiste aucun monument et peu de traces sur le plan archéologique et culturel de leur domination sur la région, qui ne fit d'ailleurs que précipiter le déclin économique de l'Afrique du Nord.

En 455, Genséric était assez puissant pour piller Rome elle-même.
Pendant ce temps, l'empereur byzantin Justinien avait redonné un second souffle à l'Empire romain d'Orient basé à Constantinople (l'actuelle Istanbul) et s'apprêtait à faire de même avec l'Empire d'Occident. En 533, il lança les troupes du général Bélisaire dans une reconquête de l'ancienne colonie africaine. Ses soldats vinrent rapidement à bout des Vandales et entamèrent alors 150 ans de domination byzantine. À l'instar des précédents occupants, les Byzantins vécurent en état de siège permanent car les chefs berbères contrôlaient la majeure partie du pays. Ils enrichirent néanmoins les villes romaines tunisiennes de nouvelles constructions, notamment des églises et des forts.

Les jours de la domination chrétienne de la région étaient cependant comptés. Au milieu du VII' siècle, les armées musulmanes entamaient leur expansion en provenance d'Arabie. En 640, huit ans à peine après la mort de Mahomet, la bannière verte flottait déjà sur l'Égypte, et Tripoli suivit de peu. Les Arabes eurent tôt fait de mater les armées byzantines en Tunisie, mais se retirèrent rapidement avec leurs prises de guerre, laissant aux vaincus toutes leurs possessions.

L'islam s'installa définitivement 30 ans plus tard. Pendant trois ans, à partir de l'an 669, Okba ibn Nafaa al-Fihri sillonna l'Afrique du Nord, fondant Kairouan au passage. La ville, qui abrite l'une des plus grandes mosquées d'Afrique, est considérée par beaucoup de musulmans comme la quatrième ville sainte de l'Islam (après La Mecque, Médine et Jérusalem).

Les Berbères, dans les rangs desquels on comptait des chrétiens, des juifs et des païens, adoptèrent rapidement la nouvelle religion, mais n'eurent pas autant de facilités à accepter leurs nouveaux maîtres arabes. En 683, les Arabes furent chassés d'Afrique du Nord, après que leurs troupes eurent été défaites par une armée byzantino-berbère. Vainqueur, le chef berbère Qusayla fonda son propre royaume musulman, avec Kairouan pour capitale.

Les Arabes n'en revinrent pas moins, reprenant Kairouan en 689, et délogeant définitivement les Byzantins de Carthage. Ils rencontrèrent en revanche une farouche résistance de la part des Berbères, ralliés derrière la fameuse princesse Al-Kahina . Celle-ci l'emporta à Tébessa (Algérie) en 696 mais fut tuée à El Djem en 701, dans un sursaut héroïque. L'Afrique du Nord avec sa capitale, Kairouan, devint une province de l'empire musulman en pleine expansion, aux mains des califes omeyyades de Damas. La région fut rebaptisée province d'Ifriqiyya, du terme arabe désignant l'Afrique.

La domination arabe était loin d'être pacifique, et le comportement tyrannique des milices arabes suscitait des rébellions berbères. Les populations locales puisaient des forces croissantes dans les enseignements des Kharidjites, une secte puritaine islamique dont les convictions égalitaires contrastaient vivement avec l'arrogance et le matérialisme de l'élite omeyyade. De Tanger à Tunis, le califat se trouvait confronté à des révoltes régulières.


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Secteur: Divers